Arcade Fire - "The Suburbs"

Par Scred | le 04/08/2010 | Les autres articles sur le Rock

Banlieue Blues
Tout le monde les aime, cela en devient suspect.
Arcade Fire - "The Suburbs" Il faut pourtant bien se rendre à l’évidence, il est très rare qu’un groupe fasse autant l’unanimité auprès de la presse, du public et même de leurs collègues ! Pensez-donc, les mecs de U2 ont choisi une de leurs chansons pour ouvrir leur concert et les ont même invités sur scène ! Niveau crédibilité, il y a pire…

Surtout pour un groupe comme Arcade Fire, qui ne cache pas son amour pour les groupes phares de la New Wave dont font partie la bande à Bono, mais aussi The Cure, Joy Division, etc. Des références de qualité à n’en pas douter, d’autant plus qu’elles côtoient dans la musique du groupe canadien d’autres noms prestigieux du rock indépendant tels que les Pixies ou encore Blur ! Mélangez bien, laissez reposer un peu et vous obtiendrez le cocktail doux-amer qui caractérise la musique d’Arcade Fire.

On pourrait disserter des heures sur ces influences parfaitement digérées, mais on se tromperait de sujet. Tout l’intérêt de « The Suburbs », le nouvel album d’Arcade Fire, est bel et bien de nous les faire oublier grâce à une collection de chansons magnifiquement bien écrites qui, si elles nous évoquent un sentiment de confort « comme à la maison » en nous rappelant les grands noms cités plus haut, imposent leur originalité dès la première écoute.

Rien n’est figé dans la musique d’Arcade Fire, chaque titre apporte son lot de surprises au détour d’un arpège de guitare délicat (« Suburban War »), d’un riff agressif à la « Raw Power » (« Month of may ») d’une envolée pop lumineuse (« Ready to start », « City with no children ») ou encore d’un piano lancinant soutenu par une basse imprévisible (« We used to wait »).

C’est là toute la magie de cet album, chaque titre pourrait être un single potentiel et en même temps être issu d’un disque différent tant la variété dans la façon qu’a le groupe d’aborder sa musique est grande. En effet, quel point commun trouver entre la pop électronique post-Blondie de « Sprawl II (Mountains beyond mountains) » et le rythme rock endiablé d’un « Empty Room » si ce n’est la voix aérienne de Régine Chassagne ?

Win Butler n’est d’ailleurs pas en reste au niveau des performances vocales et le prouve sur des morceaux comme la magnifique ballade « Wasted Hours », le faussement joyeux « The Suburbs » ou encore le magnifique « Deep Blue », coincé quelque part entre les plages de Californie et les rives de la Mersey à Liverpool.

Tout le monde les aime, c’est un fait. Et ce n’est que justice. Avec « The Suburbs », Arcade Fire a su se démarquer de ses aînés et aligner une série de compositions imparables sur un troisième album que l’on dit toujours difficile à négocier. La marque des grands quoi !
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