Angus Stone - "Broken Brights"

Par Scred | le 26/05/2012 | Les autres articles sur le Folk

Pierre Angulaire
Il y a deux ans tout pile, nous n’étions pas peu fiers de vous faire découvrir Angus and Julia Stone, bien avant que leur album « Down The Way » ne caracole en tête des classements et que leurs chansons ne commencent à habiller la moitié des émissions de M6 ainsi qu’un certain nombre de films publicitaires… En quelques semaines, le folk aérien des deux australiens était partout, signant avec bonheur le retour en grâce d’une certaine façon de concevoir la musique.
Angus Stone - "Broken Brights" Car Angus Stone et sa grande sœur Julia sont tout sauf des produits marketing. Composant quand ça leur chante, prenant régulièrement la clef des champs et ce même en pleine tournée au grand dam de leur maison de disques, ils ont retrouvé l’esprit de liberté qui caractérisait les premiers hippies, sans posture, sans artifice, avec une sincérité déconcertante.

Deux ans plus tard, alors que nous attendons toujours le successeur de « Down The Way » qui n’en finit pas de se vendre comme des petits pains, il semblerait que chacun des membres de notre duo ait choisi de travailler de son côté, histoire de rester alerte et d’explorer sa propre voie. Julia Stone s’apprête à sortir son second album solo après « The Memory Machine » (2010) et voici qu’Angus s’y met également avec ce « Broken Brights » qui nous intéresse aujourd’hui.

Dès la première écoute, une évidence s’impose, c’est bien Angus Stone qui mène la barque du tandem… « Broken Brights » est la suite logique de « Down The Way », la voix de Julia en moins. Au menu, treize titres de folk langoureux, empruntant autant à Bob Dylan (« The Wolf And The Butter») qu’à Paul Simon (l’excellent « Be What You Be ») en passant par Neil Young (« Only A Woman»), tout en nous ménageant quelques petites surprises comme « It Was Blue », variation étrange et planante autour du thème de « I Wanna Be Your Dog » des Stooges. Étonnant.

Comme toujours, la production est intimiste et brillante, faisant ressortir chaque note de guitare, qu’elle soit acoustique ou électrique sur le passionnant « Bird On The Buffalo », donnant l’impression à l’auditeur de s’immerger de plus en plus profondément dans cette musique jusqu’à pouvoir chatouiller les nuages (« Clouds Above ») avant de retomber sur terre en douceur, quelque part dans l’outback australien au son d’une flûte aussi insolite que bienvenue (« The Blue Door »).

On pourrait disserter longuement sur chacun des titres qui composent « Broken Brights », l’album évitant soigneusement les fausses notes sans jamais tomber dans la facilité, évitant même l’écueil des doublons puisque chaque chanson, malgré la proximité de style avec la précédente, possède sa propre personnalité, sa propre histoire, sa propre magie.

C’est donc cela, le secret d’Angus Stone. Le mec est un petit magicien discret, faisant ses tours dans son coin, planqué dans la cabane austère que l’on découvre sur la pochette de l’album, le regard dissimulé sous une tignasse hirsute histoire d’affronter le monde à distance, un monde qui ne demande pourtant qu’à tomber à genoux devant tant de grâce et d’élégance… Attention, chef d’œuvre !
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