Angus and Julia Stone au Trianon - 26/04/11

Par Scred | le 27/04/2011 | Les autres articles sur le Folk

Pluie d'étoiles
Deuxième concert en moins d’un an pour Angus & Julia Stone dans notre belle ville, je ne sais pas ce que l’on a fait aux dieux de la musique pour mériter cela mais ça devait être un truc bien ! Cette fois-ci, c’est le Trianon qui a été choisi pour accueillir la folk aérienne du tandem australien, une salle tout à fait appropriée puisqu’elle respire la même vibration héritée d’un passé pas si lointain où les fleurs poussaient dans les cheveux des enfants du même nom.
Angus and Julia Stone au Trianon - 26/04/11 Et cette vibration résonne également dans la musique de Steve Smyth (aucun rapport avec le guitariste de Testament, je vous rassure), la nouvelle première partie choisie par Angus & Julia Stone pour faire patienter le public. Bonne pioche une fois de plus, après les sublimes Moddi dont nous vous avions dit tout le bien possible lors du concert de La Cigale, Steve Smyth fait beaucoup mieux que chauffer la salle, il l’hypnotise. Imaginez un Jim Morrison période « L.A Woman » avec la voix de Jeff Buckley évoquant par moments un certain Joe Cocker dans les attitudes et l’état second très avancé. C’est fort, prenant, intense et émouvant et on risque bien d’entendre parler du bonhomme s’il évite de se noyer dans le bourbon ou les marécages.

A quoi reconnaît-on des artistes généreux ? Facile. Quand ils multiplient les passages dans la même ville à quelques mois d’intervalles, ils changent la setlist. C’est donc par « Hold On » que démarre le concert en lieu et place de « Santa Monica Dream » qui finira par conclure la soirée, mais n’allons pas trop vite…

Le décor également a changé. En remplacement de l’appartement kitch au papier peint sans âge, on découvre un ciel sombre recouvert d’une pluie d’étoile agrémenté d’une lune souriante empruntée à Méliès qui se transformera en soleil au fil du spectacle en fonction des chansons. Sur les titres lumineux comme « Big Jet Plane » ou « Yellow Brick Road », c’est baignés d’une lumière jaune orangée que la fratrie affichera sa parfaite complémentarité alors que sur les morceaux plus mélancoliques tels que « I’m not yours » ou « For you », c’est une ambiance nocturne bleue et mauve qui prédominera.

Décidément, qu’est-ce qu’il sont beaux à regarder ces deux là… Elle, brillante, aérienne, emportée par la musique même lorsqu’elle ne fait que couver son petit frère d’un regard amoureusement maternel et lui, hirsute, planqué derrière sa barbe, esquissant quelques sourires timides, mais tout aussi lumineux dans son retrait. Et parfois, la coquille se fissure comme sur ce morceau inédit et très rock qu’ils entament pour le bonheur d’un public avare de nouveauté ou encore lorsqu’ils évoquent un souvenir de vacances indiennes communes en reprenant une chanson de James Taylor dont ils commencent par oublier les paroles avant de partir dans un fou rire communicatif.

C’est avec « Hush » suivi de « Santa Monica Dream » qu’ils achèvent de combler leur public, un public déjà confortablement installé sur un petit nuage duveteux sentant l’encens et le patchouli. Une fois encore, Angus & Julia Stone ont démontré leur immense talent et leur classe universelle en une heure et demi de pur bonheur musical. Quand est-ce qu’on y retourne ?
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