Angus and Julia Stone - "Angus and Julia Stone"

Par Scred | le 07/08/2014 | Les autres articles sur le Folk

Si loins, si proches
Voilà quatre ans de cela, un tandem improbable d’australiens folkeux, à mi-chemin entre hippies hirsutes et passionarias branchés ont commis l’irréparable, un album parfait que tout le monde a aimé… Du hardos velu au fan d’électro en passant par le quidam sans étiquette jusqu’à ma mère, une seule écoute de « Down The Way » suffisait généralement à rendre quiconque accro.
Angus and Julia Stone - "Angus and Julia Stone" Angus & Julia Stone, le frère surfeur exilé dans une ferme perdue au milieu de nulle part, faisant probablement pousser des chèvres en élevant des tomates et la sœur échappée d’un rêve coupable d’une Vivian Westwood qui aurait couché avec Woody Allen, n’ont pourtant rien en commun, si ce n’est des gênes et un amour de la musique qui jusqu’à présent, s’exprimait à contrecœur.

En effet, séparés très jeunes par les aléas de la vie, leurs retrouvailles et premières collaborations (trois albums doux amers indispensables) n’étaient en fait pas autre chose que cela, des collaborations, chacun amenant ses propres chansons que l’autre sublimait par son interprétation. Conséquence de quoi, sans faire de bruit, la fratrie a tout naturellement opté pour des carrières solos et ce malgré leur succès grandissant en tant que groupe.

On est comme ça chez les Stone, libres.

Sauf que voilà, quand un producteur comme Rick Rubin a une idée en tête, le moins que des artistes puissent faire, c’est de l’écouter… Car en effet, l’homme qui a façonné Slayer, pratiquement inventé les Beastie Boys et ressuscité Johnny Cash avait un projet pour notre duo, un véritable album écrit à quatre mains pour la première fois, juste histoire de voir. Après tout, qu’est-ce que ça coûte ?

Inutile de préciser que le résultat est à la hauteur des espérances du maître, bluffant les auteurs eux-mêmes… Si l’on retrouve la douce mélancolie sucrée qui caractérise le groupe depuis ses débuts, cet album éponyme nous propose pour la première fois une véritable interaction, un dialogue entre le frère et la sœur qui était jusqu’ici limité à des chœurs communs. Désormais, Angus et Julia Stone chantent ensemble, se répondent (« Heart Beats Slow », « Wherever You Are ») et explorent un style plus abouti, moins uniforme et plus électrique à la fois.

Si des titres comme « My Word For It », « From The Stalls » ou « Get Home » ne changeront pas la face du monde, ils le rendent certainement plus agréable à regarder, particulièrement si vous jetez un œil par la vitre du pick up mental qui vous transporte le long de la côte californienne où cet album a vu le jour.

Et puis il y a quelques tentatives inattendues, comme ce « Death Defying Acts », clairement l’œuvre de Julia qui plonge dans un registre situé entre Portishead et Morcheeba ou encore l’excellent « Grizzly Bear », premier single extrait de l’album et pur bijou americana, brillant d’évidence et immédiatement addictif.

De toute évidence, on en a pas encore fini avec Angus et Julia Stone, même s’il est à peu près certain que nos deux rossignols de l’hémisphère sud ne lâcheront pas leurs carrières solos pour autant, il y a fort à parier que cet album sera le point de départ d’un nouveau regard sur leur aventure familiale… Au final, tout le monde va y gagner, nous les premiers.
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