Amon Amarth - "Surtur Rising"
Ragna Rock
Que les cors résonnent dans les plaines et les tambours retentissent sous la montagne car par la hache de Gurdil, Amon Amarth est de retour ! Après trois ans de silence passés vraisemblablement à écumer les contrées sauvages en buvant moult cornes d’hydromel, nos amis vikings signent avec « Surtur Rising » un album fort bien troussé qui ravira tout autant le barbare des collines que le nain grincheux au fond de sa mine.
Et à propos de nain, je m’interroge… Pourquoi choisir comme nom « Amon Amarth » (qui signifie « montagne du destin ») en Sindarin, langue elfique bien connue des Tolkiendili ? Certes, la montagne en question où fût forgé l’anneau unique par l’ignoble Sauron, serviteur de Morgoth et ennemi des peuples libres de la Terre du Milieu, est un lieu infernal qui colle parfaitement à la musique sauvage et épique du groupe suédois… Mais pourquoi un nom elfique ? La langue naine désignait cet endroit sous le nom d’Orodüminbar, ça le faisait aussi non ? On parlait de quoi déjà ?Ah oui, Amon Amarth ! Malgré ce nom donc, le thème principal de ce « Surtur Rising » ne concerne pas la mythologie de JRR Tolkien mais bien les légendes scandinaves, le Ragnarock, les dieux d’Asgard dont le représentant le plus vicelard n’est autre que Surtur qui, pour résumer, est le gars qui ferme la boutique une fois que tout est fini. C’est donc une atmosphère de fin du monde qui règne tout au long des dix morceaux qui composent cet album, fait de cavalcades électriques et d’envolées héroïques soutenues dans leur montée au front par la voix grondante de Joan Hegg.
Je ne vous cacherai pas qu’on est sur du guttural, des parties vocales bien death chevauchant à bride abattue des riffs saignant mais toutefois mélodiques à l’image du « War of the gods » qui ouvre l’album et qui vous donne l’envie irrésistible de chopper un casque, un bouclier et de foncer à la castagne ! « Tock’s Taunt – Loke’s Treachery part 2 » enfonce le clou à grands coups de marteau de guerre sur un rythme encore plus martial, flirtant dangereusement avec la ligne noire du Black Métal sans pour autant tomber complètement dans l’abîme, sauvé de justesse par le déluge sonique de « Destroyer of the Universe » qui accélère le tempo au delà du raisonnable !
C’est d’ailleurs ce qui séduit immédiatement à l’écoute de cet album, l’absence de monotonie. Quand « Life without regrets » déploie des trésors d’agressivité sur un riff épique, « The last stand of Frej » va ralentir la cadence aux frontières du Doom et du Heavy le plus classique, histoire d’introduire un « For victory or death » que n’aurait pas renié Iron Maiden, sans parler du très thrash « Wrath of the Norsement » ! Il y en a pour tous les goûts et c’est bien ce qui sauve ce genre d’album, trop souvent lassant à force d’avoir l’impression d’entendre dix fois de suite la même chanson.
Au final, Amon Amarth nous offre avec « Surtur Rising » un disque à la fois varié et homogène, délicat comme un coup de hache dans les gencives et puissant comme une nuée ardente. Reste à espérer que leur Drakkar ne coule pas d’ici à leur venue prochaine dans nos contrées, déjà que leur concert à l’Elysée Montmartre a été annulé pour cause de salle réduite en cendres, il ne faudrait pas que la malchance s’acharne… Tagazok !
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