Amanda Palmer - "Goes Down Under"

Par Scred | le 26/01/2011 | Les autres articles sur le Rock Indépendant

Antipodes
Au milieu des productions léchées et des artistes conventionnels, il est salutaire de voir débarquer de temps en temps des extraterrestres comme Amanda « Fucking » Palmer… Principalement connue pour son groupe cabaret punk The Dresden Dolls, miss Palmer en parfaite disciple de Jack White pratique également le side project et nous a déjà gratifié d’un album solo (« Who killed Amanda Palmer » en 2008), d’une compilation de reprises de Radiohead au ukulélé (!), de diverses autres collaborations et débarque aujourd’hui avec un disque charmant en forme de déclaration d’amour aux terres australes…
Amanda Palmer - "Goes Down Under" « Amanda Palmer goes down under » annonce la couleur dès son titre, un jeu de mots sur la position géographique du continent australien que l’on peut également traduire par une invitation à pratiquer le sexe oral, tout un programme ! Pourtant, il n’y a rien de sulfureux dans cet album. Juste une collection de chansons touchantes, souvent drôles, composée de reprises inattendues (le « Makin’ Whoppie » popularisé par Ella Fitzgerald) ou confidentielles (« On an unknown beach » du groupe néozélandais Nocturnal Projections) et de compositions enregistrées en concert et en studio.

On retiendra des titres studio le délicat « In my mind » où Amanda Palmer retrouve Brian Viglione, son partenaire des Dresden Dolls, ainsi que l’hallucinant « Map of Tasmania », un délire électro hawaïen aux paroles « explicites ». Cependant, tout l’intérêt de l’album réside dans les titres enregistrés en live…

En effet, la complicité entre Amanda Palmer et son public saute aux oreilles, vous entraine avec eux et rend chaque chanson bien plus passionnante, comme une soirée entre amis où l’artiste de la bande se met soudain au piano et embarque tout le monde avec lui, ou avec elle en l’occurrence. La raison principale de cette communion vient sans doute du fait qu’Amanda Palmer s’adresse directement aux gens qu’elle a en face d’elle, de leur pays (« Australia », « New Zealand » même si cette dernière parle surtout du cycle menstruel d’Amanda), de leur culture et même de leurs curieuses habitudes culinaires !

Connaissez-vous la Vegemite ? Moi non plus, jusqu’à aujourd’hui. Apparemment, il s’agirait d’une confiture à la levure de bière dont les australiens sont très friands et qui reste un mystère gustatif pour le reste du monde. Amanda Palmer en a fait une chanson à la fois lyrique et hilarante qui décrit les complications de la vie de couple avec un amateur de Vegemite, un thème futile à première vue mais qui parle manifestement au public, un public qui s’empresse de chanter la publicité du produit pour le plus grand plaisir de la chanteuse !

Voilà pour la complicité. On oublie souvent que l’intérêt de voir un artiste en concert réside dans ce que ce dernier nous apporte et réciproquement, ce n’est pas un échange à sens unique. En guise de conclusion, Amanda Palmer gratifie ses fans d’une ultime reprise, « The Ship Song » de Nick cave & the Bad Seeds, un titre qu’elle sublime seule derrière son piano et qui nous laisse dans le cœur une douce langueur et l’envie extrêmement pressante de la découvrir sur scène au plus vite.

Pour information, cet album est disponible en téléchargement sur le site officiel de la miss, je ne saurais donc trop vous conseiller d’aller y faire un tour afin de succomber vous aussi à son charme…
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