Alter Bridge - "AB III"

Par Scred | le 25/10/2010 | Les autres articles sur le Hard Rock

Pont d'or
J’étais pas très chaud pour chroniquer cet album au départ… Pour commencer, je n’ai jamais été un grand fan de Creed dont sont issus la majorité des membres d’Alter Bridge et d’autre part, les deux premiers albums du groupe m’avaient plutôt laissé de marbre. Comme quoi, tout le monde peut (encore) se tromper… Faudrait pas que ça devienne une habitude !
Alter Bridge - "AB III" Car force est de constater que « AB III » est un excellent album. La faute en grande partie à Myles Kennedy, le chanteur qui monte en ce moment (après avoir été pressenti pour reprendre le flambeau de Robert Plant au sein de Led Zeppelin , il a été la « voix » de Slash sur la dernière tournée de l’ex-Gunner) qui démontre avec Alter Bridge qu’il est beaucoup plus qu’un simple mercenaire des grandes causes du passé et qu’il possède un répertoire bien à lui.

Et un sacré registre également… Loin de se contenter de survoler les aigus (ce qu’il fait avec une aisance et une précision impeccable), Myles Kennedy n’est jamais aussi bon que lorsqu’il officie dans les graves, comme sur l’intro de « Slip to the Void », le titre qui ouvre l’album dans une ambiance qui n’est pas sans évoquer le « Teardrop » de… Massive Attack ! Avouez que vous ne l’attendiez pas celle-là !

Très vite cependant, les vieux démons du métal refont surface, un métal souvent catalogué « post-grunge » par mes collègues qui ne font décidément pas preuve de beaucoup d’imagination. C’est quoi le post-grunge ? Du grunge joué par des mecs qui savent s’habiller ? Mystère.

Empruntant au son de groupes comme Soundgarden ou Alice In Chains, Alter Bridge met un point d’honneur à construire des murs de guitares autour de mélodies puissantes (« Isolation », « I know it hurts »), parfois légères et accrocheuses (« Ghost of days gone by ») ou sombres (« Still remains »), en privilégiant toujours un rythme assez lent et un son chaud et dense, renforcé par une basse omniprésente.

Il y a quelques hits évidents sur ce « AB III » comme le dernier single en date « Wonderful Life », une ballade imparable digne de figurer au générique de fin de n’importe quelle série américaine, au moment où les héros se retrouvent autour d’un verre pour fêter leur victoire acquise au prix de lourds sacrifices (!), mais aussi le très moyenâgeux « All hope is gone » à la mélodie pleine de promesses de dragons en détresse gardés par des princesses sanguinaires, ou encore l’excellent « Show me a sign » au riff calibré pour les stades.

Certes, tout l’album n’est pas parfait et une petite dizaine de titres aurait suffi à notre bonheur au lieu des quatorze proposés mais bon, à cheval donné on ne regarde pas le pot au lait pas vrai ? Même la power-ballad « Life must go on », d’un relatif classicisme, finit par avoir du charme tant sa production irréprochable fait bien le travail, un point commun que partagent toutes les chansons de cet album qui se laisse réécouter avec plaisir une fois, deux fois, mince ça fait déjà quatre fois que je le remet sur la platine ?
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