Alice Cooper - "Along came a spider" (Deluxe Edition)

Par Scred | le 23/12/2010 | Les autres articles sur le Hard Rock

On se fait une toile?
En 2008, Alice Cooper marquait son grand retour aux affaires avec cet album concept qui avait surpris pas mal de monde à l’époque, sauf qu’à ce moment-là Actumusic n’existait pas encore… Je profite donc de la réédition imminente de l’objet en version « Deluxe » pour revenir dessus au cas où certains d’entre vous seraient passés à côté.
Alice Cooper - "Along came a spider" (Deluxe Edition) Inutile de présenter Alice Cooper, la créature ayant marqué plusieurs générations de fans et de musiciens et tenant une place bien particulière dans la pop culture et le cœur des amateurs de rock bruyant (« on est tout petits, on est à chier », vous vous souvenez ?). Ce qui est moins évident, c’est l’intérêt d’un nouvel album du maître du Shock Rock alors qu’approche la fin de la première décennie du XXIème siècle… Cela fait belle lurette qu’Alice Cooper ne fait plus peur à personne, d’autres monstres infiniment plus effrayants ayant suivi ses traces sanglantes et renouvelé l’art du masque d’horreur et du rock gore !

Et pourtant… « Along came a spider » est beaucoup plus et beaucoup mieux qu’une curiosité anachronique que l’on écouterait en souvenir du « bon vieux temps », par respect pour un artiste culte, c’est un album brillant regorgeant de titres accrocheurs et parfaitement cohérent avec l’époque ! Car nous vivons des temps violents et Alice Cooper l’a parfaitement compris lorsqu’il met en scène cette histoire morbide d’un tueur en série obsédé par les araignées qui doit tuer huit femmes pour leur prendre une jambe à chacune afin de réaliser sa métamorphose mais qui trouvera sa rédemption en tombant amoureux de sa dernière victime… Rien que ça !

Cette histoire digne d’une série Z de Roger Corman est un prétexte pour aligner une série de titres marquant le retour d’Alice Cooper à ses premières amours, un rock garage typiquement seventies redoutablement efficace, avec des morceaux comme « Wrapped in Silk » (au refrain emprunté aux Twisted Sisters), « I’m Hungry », « I know where you live » ou encore « (In touch with) Your feminine side » qui évoquent des groupes comme T-Rex ou même David Bowie sur « Salvation » (présente en version acoustique dans les bonus de cette édition spéciale). On flirte même avec John Lennon sur « Killed by love », une superbe ballade qui rappelle qu’Alice vénère les Beatles depuis le début de sa carrière (il a même participé au film « Sgt.Pepper’s lonely heart club band » en 1978).

On trouve également du gros heavy qui tache sur cet album, avec « Vengeance is mine » (soutenu par les solos immédiatement identifiables de Slash) et des morceaux difficilement étiquetables, comme « Wake the Dead » avec la participation d’Ozzy Osbourne à l’harmonica, sorte de délire psychédélique à l’ambiance Nuggets ou encore l’inquiétant « I am the spider » et sa guitare lugubre renvoyant à Tito & Tarentula (forcément).

Deux titres inédits se rajoutent à la tracklist de l’album sur cette édition « Deluxe », « Shadow of yourself », un morceau sombre et violent que n’aurait pas renié Marilyn Manson, et surtout ce « I’ll still be there » au riff glitter qui aurait largement mérité de figurer sur l’édition originale tant il est caractéristique du style Cooper. Un excellent album donc que ce « Along came a spider », une preuve supplémentaire que contrairement à ce que disent les adultes, les monstres existent bel et bien, tapis quelque part sous un lit ou un placard mal fermé, attendant juste que l’on mette un disque sur la platine pour se révéler dans toute leur puissance…
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