Alex Turner - "Submarine"

Par Scred | le 16/03/2011 | Les autres articles sur le Rock Indépendant

Petit Scarabée
Alex Turner possède ce que l‘on appelle un talent insolent… Quand, à 25 ans, on a déjà à son actif trois albums particulièrement réussis avec son propre groupe (Arctic Monkeys), le quatrième étant sur les rails, plus un autre avec un side project (The Last Shadow Puppets), on ne peut plus parler de hasard ! Le petit Mozart du rock anglais étonne par sa maturité artistique, son apparente facilité à ciseler des mélodies à la fois accrocheuses et différentes et surtout sa prolixité !
Alex Turner - "Submarine" Car prolixe, il l’est, à n’en pas douter. Pour preuve, voici qu’arrive la bande originale de « Submarine » le premier film pour le cinéma de Richard Ayoade, une petite chose enregistrée à l’ancienne histoire de sortir de sa guitare quelques chansons qui traînaient. Quand d’autres auraient conservé ces quelques titres pour enrichir les faces B des futurs singles des Arctic Monkeys, lui préfère les offrir à son public sans attendre. Après tout, il en composera d’autres le moment venu !

Suprême audace, le morceau qui clôt ce petit EP de cinq titres et demi n’est rien moins qu’un extrait du futur album des Monkeys (intitulé « Suck it and see ») prévu pour un peu plus tard cette année. Histoire de nous mettre l’eau à la bouche. Faut oser ! En même temps, vu la qualité de « Piledriver Waltz » (titre génial, s’il en est), il aurait eu tort de se priver.

Mais quid du reste de ce « Submarine » ? Triste et doux comme la pluie qui frappe bien souvent les carreaux des maisons de Sheffield, l’album d’Alex Turner se déguste comme une tisane chaude accompagnée de scones au coin d’un feu de bois… L’ambiance générale évoque immanquablement l’héritage des Beatles et de Lennon en particulier, sur « Stuck on the puzzle » ou encore « Glass in the park » avec leurs mélodies nonchalantes et leurs paroles acides chantées avec le détachement qui sied à tout rocker anglais qui se respecte.

On est loin des cavalcades effrénées typiques des chansons des Arctic Monkeys, Alex Turner voulait un disque épuré et sobre, à l’image d’un « Plastic Ono Band » moderne dont on retrouve quelques traces sur la superbe ballade acoustique « It’s hard to get around the wind ». Et c’est peut-être la clef de ce disque et de la personnalité du jeune chanteur, cette conscience que la musique ne saurait être figée et que lorsque les envies se présentent, il serait stupide de leur tourner le dos !

Alex Turner avait envie d’une chose que les Arctic Monkeys ne pouvaient pas lui donner, qu’importe, nul besoin de saborder le navire pour autant ! « Submarine » navigue dans des eaux limpides, à quelques encablures du vaisseau mère qui fourbit ses armes en attendant que son petit prodige revienne de son expédition de reconnaissance, l’esprit libéré et la créativité intacte. Pour notre plus grand bonheur !
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