Adieü Würzel

Par Scred | le 12/07/2011 | Les autres articles sur le Métal

Motördead
Ce n’est pas lui qu’on aurait imaginé partir le premier… Et pourtant. Michael Burston dit « Würzel », guitariste de Motörhead pendant un peu plus de dix ans (1984 – 1995) nous a quitté le 9 juillet dernier, foudroyé par une crise cardiaque à son domicile à 61 ans alors qu’il se versait un verre de Guinness tout en balançant une vanne à l’un de ses amis présent à ce moment là. Comme le dit si bien Lemmy, « il est parti avec le sourire aux lèvres ».
Adieü Würzel Würzel avait rejoint Motörhead à une période charnière, pour pallier le départ de Brian Robertson, lui-même remplaçant malheureux de « Fast » Eddie Clarke, le guitariste historique du groupe. Curiosité amusante, il avait passé l’audition pour intégrer Motörhead en compagnie d’autres guitaristes, dont Phil Campbell et devant l’impossibilité de choisir entre les deux hommes, Lemmy avait décidé de transformer le bruyant trio en quatuor. Deux guitaristes solistes dans un même groupe, après tout pourquoi pas ?

Würz a participé à l’enregistrement d’un beau paquet d’albums cultes de Motörhead, « Orgasmatron » pour commencer, pas mal pour un coup d’essai, puis « Rock n’ Roll », l’un des albums préférés de votre serviteur et pas seulement à cause de sa pochette (« Stone Deaf in the USA », rhaaa…), « 1916 » ensuite, l’un des seuls albums du groupe à avoir récolté une récompense et la reconnaissance de la critique, le très décrié (et pourtant génial) « March ör Die », « Bastards » qui témoigne d’une période difficile pour Motörhead, obligé de se replier en Europe pour retrouver une maison de disque, aussi incroyable que cela puisse paraître aujourd’hui, et enfin « Sacrifice » en 1995.

Sur scène, Würzel était l’élément incontrôlable de Motörhead, le grain de folie qui contrebalançait le mur du son monumental et inamovible mis en place par la statue du commandeur Lemmy… Son départ après les sessions de « Sacrifice » avait d’ailleurs beaucoup attristé Lem’, qui voyait dans cette démission pour raisons personnelles (l’envie qui n’y était plus) la rupture d’une amitié solide.

Mais voilà, on ne reste jamais fâchés très longtemps dans le petit monde de Lemmy et les deux hommes s’étaient bien vite réconciliés autour d’une bière, en célébrant la nouvelle carrière solo de Würz et le succès renouvelé de Motörhead sous sa forme de trio, Phil Campbell ayant profité du gain de place sur scène pour prendre des ailes et laisser s’exprimer un talent longtemps mis sous cloche par l’exubérance de Würzel.

Tout est bien qui finit bien en somme, alors pourquoi suis-je si malheureux aujourd’hui ? Sans doute parce que Würzel appartenait à une belle et grande famille, celle des gentlemen rockers qui ont consacré leur vie à faire en sorte que des anonymes puissent prendre le même pied que les musiciens qu’ils viennent applaudir en concert, à apporter un petit brin de folie dans le quotidien, un riff assassin, un solo saignant, et le sentiment que si c’est trop fort, une fois encore, c’est que t’es trop vieux !

Würzel, lui, n’a jamais été trop vieux et c’est sans doute ce qui rend sa mort aussi injuste.
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