AC/DC - "Live at River Plate"

Par Scred | le 09/05/2011 | Les autres articles sur le Hard Rock

Gâchis DC
Depuis « The Razor’s Edge » et le retour en grâce d’AC/DC après une traversée du désert pourtant jalonnée d’excellents albums, le groupe australien a pris le parti de rentabiliser chaque tournée à outrance… Il faut les comprendre ! Comme pour beaucoup de groupes de hard rock historiques, la fin des années 80 a laissé des traces et la trouille de la banqueroute est restée présente dans les esprits.
AC/DC - "Live at River Plate" Si le « Live at Donington » et son corollaire « AC/DC Live » en album étaient parfaitement justifiés à l’époque, une manière de célébrer la popularité reconquise par la bande d’Angus Young qui tenait alors le haut de l’affiche des Monsters of Rock, les « No Bull », « Stiff Upper Lip Live » et ce « Live at River Plate » qui sort aujourd’hui le sont beaucoup moins et sentent le tiroir caisse à plein nez.

Entendons-nous bien, la qualité de la musique d’AC/DC n’est pas, et ne sera jamais, en cause. Filmé par plusieurs dizaines de caméras, le concert enregistré dans le stade de football le plus prestigieux de Buenos Aires devant 60 000 spectateurs est un modèle du genre, plus grand que la vie comme disent les anglo-saxons. AC/DC y joue tous ses classiques avec un plaisir non feint, sincères comme à leur habitude, pour le plus grand plaisir des fans présents qui les portent littéralement par leur passion et cette habitude très sud-américaine de sauter sur place pour manifester leur enthousiasme, avec pour résultat un effet visuel assez saisissant à l’image.

La setlist, quoique timide, correspond à ce que le public est en droit d’attendre d’un des gardien du temple du rock n’ roll, avec quelques titres rares comme « Dog eat Dog », « Hell ain’t a bad place to be » ou encore « Shot down in flames », quelques morceaux tirés du très bon « Black Ice » (« Rock n’ roll train », « War Machine », « Big Jack ») et les éternels « Thunderstruck », « The Jack », « Back in Black », « Highway to Hell », etc.

Et c’est bien là le problème… Pour la quatrième fois en quatre albums, AC/DC nous revend les mêmes chansons, avec la même mise en scène et la même interprétation, parfaite au demeurant, mais un poil redondante. Et si vous pensiez compenser ce petit air de déjà vu avec les bonus du DVD, vous en serez pour vos frais ! Au programme, la vidéo d’intro du concert, soit deux minutes de dessin animé amusant mais anecdotique et un « documentaire » d’une demi-heure où l’on apprend que les fans argentins peuvent parfois être bien pathétiques lorsqu’il s’agit de leur groupe fétiche, que les steaks locaux sont les meilleurs du monde et qu’il est encore compliqué pour un père de famille d’appeler son fils Angus Young au regard de la loi !

Peu (ou pas) d’interviews du groupe, un passage éclair chez les roadies (et c’est bien dommage car c’était de très loin la partie la plus intéressante), bref, appeler cela un bonus est une insulte à l’intelligence du public, sauf peut-être à celle du public de Buenos Aires qui aura plaisir à dire, « regarde, on me voit là » !

Au final, si vous possédez déjà l’un des témoignages d’AC/DC en concert paru ces vingt dernières années, ce « Live at River Plate » ne vous apportera strictement rien, si ce n’est le sentiment d’avoir dépensé vos sous pour un truc que vous aviez déjà. Et même si vous avez treize ans et que votre grand frère vient de vous faire découvrir la musique du groupe australien, je ne saurais trop vous conseiller de vous précipiter sur le « Live at Donington » paru en 1992 et trouvable à moins de 10€ plutôt que d’opter pour celui-ci… A l’époque, Angus avait plus de cheveux et d’énergie et cela rend mieux à l’image.
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