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Edito Février 2010 : MONEYTALKS
Le requin est un animal magnifique, l’un des derniers au monde à avoir conservé son aspect initial tant son évolution représente une sorte d’aboutissement. En conséquence, je trouve sacrément dommage que l’on se permette d’associer son nom à certains de nos semblables qui manifestent les mêmes instincts voraces quand il s’agit de ramasser de l’argent. C’est ainsi.
Dernier exemple en date, alors que j’étais en virée pour écouter un groupe de blues de grande qualité dans un bar parisien, j’ai vu se profiler au loin l’aileron de l’un de ces tristes personnages, le patron du bar, une corbeille en osier à la main qui faisait la quête auprès du public afin de payer un petit quelque chose au groupe qui transpirait depuis une heure et demi sur scène. Un public qui avait déjà mis la main à la poche plus que de raison en picolant et en mangeant dans l’établissement. Un public dont une très grande majorité n’aurait jamais mis les pieds dans ce rade sans la présence du groupe de blues cité plus haut. Bilan de l’opération, le requin a fait un excellent dîner ce soir là en évitant de déclarer (et donc de payer) les musiciens ainsi que la SACEM...
Car, peut-être ne le saviez-vous pas mais lorsque l’on joue en public une chanson, au hasard, de ZZ Top, une petite poignée de dollars revient à messieurs Gibbons, Hill et Beard au fin fond de leur Texas natal. Imaginez qu’ils l’apprennent, ça vous ferait marrer de voir le père Billy Gibbons débarquer chez vous sa Winchester à la main pour réclamer son dû ?
C’est une image bien sûr, même si il ne faut présager de rien avec les old timers barbus dont on ne voit jamais les yeux, toujours est-il qu’à l’heure où on nous casse les nouilles avec le piratage sur internet, ce genre de pratique qui s’apparente à de l’exploitation pure et simple est monnaie courante et est à mon sens bien plus grave... On arnaque avec le sourire deux types d’artistes, les auteurs et les performers, ceux qui mouillent la chemise, et ça c’est bien dégeulasse.
On a beaucoup parlé d’argent ce mois-ci en tous cas. Autre exemple, lors du « Sarko show » ce fameux lundi soir sur TF1, un syndicaliste pur jus s’est permis de demander au Nabot Léon si les salaires mirobolants des patrons qui se permettent de licencier leurs salariés ne le choquaient pas. Réponse de l’intéressé, « moi ce qui me choque, ce sont les salaires des footballeurs ». Dans la série « je réponds n’importe quoi pour changer de sujet », elle était belle celle-là. Thierry Henry n’a jamais fait virer personne chez Adidas parce qu’il avait raté un but que je sache. Pourquoi pas cracher sur les musiciens tant qu’on y est ? Les Rolling Stones gagnent des fortunes aussi, ben oui, ils vendent des disques , remplissent des stades, passent à la radio... La question portait sur le rapport salaire / virer des gens mais comme souvent, le cerveau du président a cessé de fonctionner après le mot « argent », surtout lorsqu’on lui parle de gens qui en gagnent plus que lui.
A requin, requin et demi...









